dimanche 30 mars 2014

Les Masques de Nyarlathothep - Notes du journal de Lisa Mary Jane Evans

Compte-rendu de la 6° partie des Masques de Nyarlathotep. L'état de santé d'Angela Hopper ne lui permet plus de tenir ses notes à jour. Voici les extraits du journal de Lisa Mary Jane Evans


Jeudi 12 février 1925

Suite à notre mésaventure avec ce fou de Shipley, Gary nous convainc de se pencher sur les affaires qui se trament autour de La Pyramide Bleue. Je le suspecte de s’intéresser davantage à cette Yalesha, cette fille qui m’a l’air de petite vertu, mais soit, nous ne pouvons laisser de côté cette piste.
C’est ainsi que le soir même, nous décidons d’un plan pour observer ce qui se passe autour du club : Angela et moi restons dans la voiture dans une rue perpendiculaire à celle de la Pyramide Bleue, tandis que Gary observe discrètement les allers et venues à l’angle de la rue. Nous convenons d’un signal d’alerte à l’arrivée du camion.
Comme décrit par Yalesha, un petit camion s’approche de la Pyramide Bleue aux alentours de minuit. La nuit empêche Gary de distinguer les visages mais il est clair que quelque chose de louche se tisse autour de ce club !

Le camion repartant, je démarre la Ford pour le prendre en filature, après avoir récupéré Gary. Il nous conduit en dehors de la ville, en direction du nord-est, jusqu’à une petite ville de bord de mer, Clacton-on-Sea, à plus de 2 h de Londres.
Ces petites routes sont certainement plaisantes en journée, mais se révèlent fort pénibles la nuit, et la fatigue m’étreignant, je commence à désespérer de cette poursuite, quand tout à coup, le camion emprunte un petit chemin de terre qui mène à une grille et à un long mur. Je stoppe la voiture au bord du chemin pour ne pas nous faire remarquer. Constatant que le camion avait franchi la grille, nous tentons une approche afin de voir éventuellement un nom sur une boite aux lettres ou sur une plaque.
J’ai bien peur qu’une fois de plus,  nous n’ayons pas été très discret, et nous avons juste le temps de nous dissimuler dans les arbustes lorsque des individus ouvrent la grille et marmonnent quelques mots en arabe qui me semblent être de l’égyptien. Une fois partis, nous parvenons à approcher la grille et apercevons le nom de « Villa Misr » (je reconnais le terme égyptien pour nommer l’Egypte).
Gary, toujours en quête d’action, a particulièrement envie d’entrer dans la propriété mais Angela et moi sommes un peu refroidies et surtout non armées !
Malgré la frustration de Gary, nous repartons dans la ville de Clacton-on-Sea et prenons un hôtel pour le reste de la nuit.

Promenade de bord de mer à Clacton-on-Sea

Vendredi 13 février 1925

Après une courte nuit, nous profitons du petit déjeuner pour discuter avec notre hôte de la mystérieuse propriété. Angela est, comme à son habitude, particulièrement habile pour entamer la conversation et l’hôtelier nous apprend qu’il s’agit d’un vieux manoir, entouré de marais qui bordent le long de mer. Il appartenait à la famille Walton mais a été racheté récemment.
Je lui fais part de mon intérêt pour cette demeure et il nous conseille d’aller à l’administration du district pour glaner plus d’informations. L’employée nous apprend qu’il a été acheté il y a 2 ans par E. Gavigan, au nom semble-t-il de la Fraternité du Pharaon Noir  !! Le misérable !! Le scélérat !!
Ni une ni deux, nous nous adressons au chief constable de la police locale mais impossible de faire entendre raison à ces agents qui sont, somme toute, assez ruraux. Il faut passer par Scotland Yard. Malgré nos doutes sur la loyauté de Barrington, nous l’appelons pour lui donner nos dernières informations.

En attendant la réaction de Scotland Yard, nous profitons de cette belle journée et de l’air marin pour louer une  petite barque afin de découvrir les marais et approcher les environs de la maison.
Je dois avouer que ces marais ont leur charme et nous profitons de la promenade jusqu’au moment où nous apercevons une île habitée. Elle est reliée  à un autre rivage par un ponton où une navette est attachée. Une magnifique demeure, qui semble correspondre à la description de Walton House, se discerne entre les arbres. Nous remarquons rapidement qu’au moins deux personnes travaillent dehors.


La Maison Misr (ex Walton House) (Metropolitan Police archives)

Je ne sais ce qui nous a poussé à nous jeter dans la gueule du loup mais nous décidons d’accoster sur l’île, à l’abri de quelques buissons.
Une fois de plus, notre maladresse nous coûte cher et les personnes qui s’affairaient à l’extérieur du manoir s’approchent de nous. Prise de panique et inconsciente du danger, je sors du buisson en prenant mon air le plus détaché et bourgeois, tout en interpellant les personnes du manoir. Pendant ce temps, Gary reste planqué et Angela file discrètement le long de la plage.
Malheureusement, les employés sont beaucoup plus agressifs que je ne l’imaginais et après leur avoir adressé quelques mots, l’un d’eux s’approche de moi et me plante un coup de couteau dans le ventre sans que je ne puisse réagir. Je ne saurai décrire la douleur que je ressentis à ce moment là ; tout se troubla. Je compris cependant que Gary et Angela répliquèrent à l’agression mais malheureusement l’ennemi était davantage armé qu’eux. S’en suivit une bagarre à laquelle j’assistai impuissante, la douleur envahissant mon ventre, et m’évanouis.


[---]

Une odeur de terre battue et d’humidité me réveille, mes yeux sont troubles, mon ventre est affamé et je sens que mes mains sont ligotées dans mon dos. Ma vue se faisant plus nette, j’aperçois Angela et Gary dans la même position que moi. Je remarque que ma plaie a été soignée et nous sommes miraculeusement sains et saufs. Une jeune femme se trouve avec nous dans la cellule, elle aussi ligotée et nous dit qu’elle s’appelle Mary Tomescu. Ces derniers souvenirs la ramènent à la fondation Penhew où elle a été probablement assommée, alors qu’elle était à la recherche d’ouvrages d’égyptologie pour la librairie dans laquelle elle travaille. Puis elle s’est réveillée ici en notre compagnie.

Angela remarque que les cordes qui lui lient les mains ne sont pas serrées. Elle parvient à sortir un scalpel qu’elle avait toujours sur elle. Nous voilà libérés de nos liens ! Cette femme est décidément pleine de ressources !
Nous mettons en place un stratagème pour nous sortir de cette cellule. J’appelle à l’aide en disant que ma blessure me fait mal et que je suis assoiffée. Un homme arrive et a juste le temps de se pencher sur moi que Gary l’étrangle avec ses lacets de chaussure, Angela lui plaque ses mains sur la bouche pour qu’il n’hurle pas tandis que je lui donne un coup de pied bien placé. Notre  homme maîtrisé, nous le bâillonnons, et l’emprisonnons dans la cellule.

Une exploration rapide des lieux nous fait comprendre que nous sommes probablement dans le sous-sol du manoir. Par chance, il n’y avait qu’un seul garde. Plusieurs cellules se succèdent mais une pièce différente attire notre attention où nous trouvons plusieurs objets, certains d’origine égyptienne (des poignards, des vêtements cérémoniels), des livres d’occultisme (dont « Secret Societies of Old Ages and Countries » que nous prenons avec nous) et un petit cahier inventoriant un commerce d’objets d’art dont je m’empare.
Tout à coup, des bruits de tambour résonnent à l’extérieur et semblent s’approcher de la maison. Pris de panique, nous cherchons une sortie qui nous mène dans un grand salon. En regardant par les fenêtres, nous entrevoyons ce qui pourrait s’apparenter à une cérémonie : un grand foyer entouré d’une série de poteaux sur lesquels nous distinguons des silhouettes, nues, les jambes écartées. Plusieurs dizaines de personnes sont réunies autour, chantent et psalmodient, se tournant vers ce qui ressemble à une grande forme humaine, tenant une croix ansée dans une main et un sceptre dans l’autre. Je ne sais si ma captivité m’a joué de mauvais tours, mais je jurerais avoir vu des formes reptiliennes en train de se dresser, prenant une forme humanoïde et tentant un accouplement avec les prisonniers.

A la fois dégoûtés et affolés, nous décidons de sortir rapidement par une fenêtre, à l’opposé de la cérémonie. Malheureusement, à l’emplacement où nous avions laissé notre barque, nous constatons avec effroi qu’elle ne s’y trouve plus. En revenant sur nos pas, deux puis quatre individus rodent de ce côté du manoir, armés de gourdins. Au même moment, il me semble qu’une grande lueur blanche est en train de former un dôme sur l’île.
Pris de panique, je vois Angela se jeter à l’eau et nous nous empressons de la suivre. Autant dire que ces marais sont immondes. Les branchages, la boue et la vase rendent très difficiles la nage et avancer dans ces marais s’avère être un véritable calvaire. A tel point que notre équipe se retrouve séparée : Angela et Mary, fatiguées,  se réfugient dans des broussailles et hautes fougères, tandis que nous essayons d’atteindre l’île la plus proche avec Gary. Le bruit de moteur d’une navette nous alerte et Gary décide de rebrousser chemin pour aider Angela et Mary. La navette passe, fort heureusement, devant Angela et Mary sans les apercevoir, tandis que Gary, n’écoutant que son courage, s’accroche à la navette.
Pendant ce temps, j’atteints la rive d’une autre île. J’assiste alors à une lutte sans merci entre Gary et les deux individus armés de gourdin.  Gary parvient à se débarrasser de ses deux ennemis mais touché, tombe à l’eau et semble évanoui. Je nage vers lui et parvins, non sans difficultés, à le ramener à terre. Impuissante, je n’ose abandonner Gary pour chercher du secours. C’est alors que, pris au dépourvus, un coup de lampe torche nous éclaire et je reconnais Barrington et ses hommes. Nous voilà en partie sauvés !

Pendant ce temps, Angela et Mary essaient de rejoindre le ponton. Je ne sais quelle force a poussé Angela à regarder du côté de la cérémonie : elle aurait aperçu des formes fantomatiques, des choses ailées qui copulent avec les humains. Mais je crois que la pauvre est en plein délire, ce sont les seules explications que nous aurons, Mary n’ayant rien vu. Je ne reconnais plus cette chère Angela, son regard autrefois si vif, si acéré, est aujourd’hui complètement vide, comme perdu.
Mary nous relate les faits qui suivirent : les policiers de Scotland Yard seraient arrivés très rapidement et auraient tiré sur l’assemblée cérémonielle.

Vendredi 20 février

A Scotland Yard, Barrington nous informe que l’affaire est classée. Le manoir a pris feu, plus aucune trace ne persiste de l’incident. L’enquête est close pour Scotland Yard. Ce fourbe de Gavigan est introuvable…et la fondation Penhew reste hors du scandale pour Barrington.

Consternés, nous laissons Angela et Mary se reposer et nous partons avec Gary sur les docks où le Vent d’Ivoire est toujours à quai, pour une période indéterminée. Nous ne guetterons pas son départ et décidons de partir pour Shanghai quand Angela ira mieux.
Fatiguée, je ne songe qu’à me changer et à retourner à la pension où Miss Cunighan nous recevra certainement comme elle sait si bien le faire. Mais arrivés là-bas, c’est un nouveau drame qui nous accueille : la pension a été pillée, Miss Cunighan est effondrée. Nous faisons un point sur nos affaires qui semblent au complet, mis à part les photographies du Livre d’Ivon qui sont, par je ne sais quel procédé, mystérieusement noircies.

[Fin de la partie le 20/02/1925]

samedi 22 mars 2014

Les Masques de Nyarlathothep - les notes d'Angela Hopper - partie 4

Voici le compte-rendu de la 5° séance de la campagne des Masques de Nyarlathotep, rédigée par la joueuse du docteur Angela Hopper (les notes et pensées du psychiatre Hopper sont en italique)

[En route pour Londres : voyage sur le Bismarck du 3 février au 10 février 1925]

Alors que le Bismarck fendait les vagues en direction de l'Angleterre, Lisa et Angela poursuivaient, grâce aux photographies qu'elles avaient pu faire, l'étude des ouvrages de la bibliothèque d'Arkham.

L'incantation pour appeler les êtres ailés doit être lancée au dessus d'une profondeur sous-marine ou à proximité d'une porte (qui donnerait sur une autre dimension?).
Sont souvent cités : Antarctique et le milieu Atlantique.

La lecture affectait de plus en plus les deux jeunes femmes. Alors que les rêves de Lisa n'étaient plus que visions d'étendues glacées parcourues par des chasseurs vêtus de peaux de bêtes, Angela, elle, continuait de noircir sans s'en rendre compte son calepin de symboles oméga.

Une fois arrivé à Londres, après avoir débarqué plus tôt dans la matinée du 10 à Portsmouth, l'équipe se rend dans le quartier de Brompton à la pension de Miss Cunighan.

[Mercredi 11 février]

Direction Scotland Yard.
L'inspecteur Barrington se souvenait parfaitement d'Elias. Il l'avait rencontré en décembre 1924.
Elias avait appris par M.Mahoney des informations sur les meurtres qui depuis deux ans avaient fait une dizaine de victimes dans le quartier de Soho. Ces meurtres visaient des égyptiens ainsi que  des occidentaux, toujours dans le même quartier. Il soutenait qu'il s'agissait de meurtres rituels perpétrés par un culte égyptien nommé la « Fraternité du pharaon noir ».
Lors de leur rencontre Elias avait semblé tendu. Au passage, l'inspecteur nous expliqua que Mahoney, un type sérieux à la base, avait peu à peu dû s'adapter aux exigences de la feuille de choux pour laquelle il travaille afin de gagner sa vie. Quelques recherches conduites au British Museum et à la fondation Penhew permirent de constater que ce culte n'existait plus et que les rituels qu'on lui rattachait étaient différents : les victimes étaient frappées à mort puis brûlées.

Un rapide examen des victimes mis en avant quelques éléments.
Miss Lauren Richard, journaliste australienne : coups puis noyade.
Miss Shafikarawadam : institutrice, contusions, blessures à la poitrine. Odeur de brûlé mais décès dû aux coups.
Les comptes-rendus faisaient parfois écho d'un poignard mais la majorité des victimes portaient des blessures à la poitrine.
Tous avaient fréquenté le club de la Pyramide Bleue à Soho. Ce club de danse orientale, dirigé par Abdul Nawisha avait été mis sous surveillance policière en 1923 sans que cela ne donne de résultats.

Les bus à impériale ont surpris Angela Hopper, Lisa prit ce cliché à sa demande

M. Gavigan reçut les investigateurs à la fondation Penhew. Il confirma connaître Elias depuis décembre 1924. Ce dernier lui a semblé charmant bien que l'équipe constata rapidement qu'il lui donna peu d'information.
Le journaliste semblait intéressé par l'égyptologue Aubrey Penhew.
Gavigan ne connaissait pas Carlyle avant 1918. Il ne comprenait d'ailleurs pas l'intérêt porté à Dashur. Pour lui, Carlyle avait de nouvelles informations pour Aubrey Penhew grâce à l'intervention d'une femme africaine. L'objectif de cette expédition à Dashur était de retrouver les tombes des différents souverains pour comprendre la chronologie de leur règne. Les nouvelles informations semblaient préciser la localisation d'une tombe remontant à une époque ancienne durant laquelle un sorcier aurait régné sur l'Egypte.
Une fois l'expédition arrivée sur site, la femme disparut avec les 3500 livres qui formaient les fonds de l'expédition. Suite à cet événement, Hypatia proposa de faire un safari pour trouver de nouveaux fonds avec les photos qui seraient faites. Tout cela est bien connu dans les journaux.

Une partie des objets issus de l'expédition étant disponible, l'équipe pu les examiner. Le reste est conservé au Caire.
Le petit groupe fût bien déçu de ne voir que quelques céramiques sans grand intérêt à leurs yeux. Par contre ils apprirent que Gavigan était un ancien élève de Penhew. La fondation Penhew, par ailleurs ne finance que des recherches sur l'Egypte.
Ils apprirent aussi que la secte du Pharaon noir est liée à ce sorcier qui aurait régné en Egypte et que son culte existait durant l’antiquité.

« Cet homme ne nous dit pas tout », me souffle O'Brien, son instinct de flic irlandais lui parle peut-être ...
Un rapide examen de la cour nous permit de voir qu'un camion chargeait des pièces depuis le rez de chaussé de la fondation. Intrigués, nous avons sauté dans le premier taxi pour suivre le camion jusqu'aux docks de Lime house.
Les craintes du chauffeur à s'engager dans ces rues et la présence d'individus aux intentions plus que discutables nous obligea à rebrousser chemin sans pousser plus loin notre enquête dans ce quartier.

[Bureau de Mikey Mahoney, Scoop]

Mahoney était un homme que tout désignait comme en proie à des difficultés financières.
Il se souvenait parfaitement d'Elias qui lui avait promis une histoire sur un culte londonien qui aurait fait la une des journaux. Pour lui ce culte aurait des ramifications jusque dans les plus hautes sphères de la société. Elias avait profité de sa visite au Scoop pour étudier ses archives sur les meurtres égyptiens et sur Miles Shipley. Un article du Scoop expliquait que ce jeune artiste, peut-être dans la même mouvance que les expressionnistes européens, comme cet Otto Dix dont nous avons pu admirer des eaux-fortes à New-York, produisait des tableaux atroces avec des paysages étonnants.

[Club de la Pyramide Bleue]

Accompagné de Mahoney, nous sommes allés au club de la Pyramide Bleue.
Surpris de voir des « couples » dans ce lieu habituellement masculin, Abdul nous fît rentrer immédiatement.
Clairement fréquenté par les membres de la communauté égyptienne, Lisa et moi constatâmes avec mépris que ce club ne se composait pas que de gentlemen. En effet nos fûmes importunées par un bellâtre du nom de Sire Edward qui semblait très intéressé par Lisa, dont la haute naissance saute aux yeux dès le premier instant. Heureusement, l'intervention d'Abdul nous épargna le moindre désagrément supplémentaire. Par ailleurs, Abdul nous donna l'impression d'être un gentleman fort charmant. A L'inverse, notre ami O'Brien semblait complètement avoir oublié les raisons de notre visite, trop occupé à détailler les courbes d'une jeune égyptienne à demi-nue sur ses genoux.

Comme convenu au club, O'Brien retrouva la jeune Yalesha, qu'il avait rencontrée un peu plus tôt.
Cette dernière lui expliqua qu'elle vivait dans la peur et que la vue de la plaque de détective d'O'Brien, dépassant de sa veste, l'avait poussée à lui donner ce rendez-vous. Elle avait besoin de l'aide du détective pour l'emmener loin de ce lieu. En effet son ami Muhammar avait disparu depuis de nombreuses semaines. La mort de son amie Alaya, un an plus tôt, confortait son sentiment d'insécurité.
Depuis quelques temps, Muhamar vivait de petits boulots. Il a été enlevé, tout comme Alaya, dans la rue du Club de la Pyramide à une période où il travaillait sur les docks.
La méthode semble toujours la même : plusieurs fois par mois, un camion passe après minuit, souvent entre le 12 et le 18, et emmène une douzaine de personnes.

Pour elle les meurtres sont clairement liés à un culte et son amie Alaya connaissait même les membres de ce culte.

Par la suite, une visite des docks s'imposa. Nous y trouvâmes un grand bateau de marine marchande nommé « Le vent d’ivoire ». Malheureusement nous ne pûmes nous approcher. Si O'Brien ne nous avait pas alerté sur la présence d'hommes se rapprochant de nous cachés derrière des caisses je suppose qu'une fois encore nous nous serions retrouvés dans un fameux pétrin !

[Jeudi 12 février]

[Chez Miles Shipley]

La maison de Shipley, pauvre et peu reluisante dans à l'image de certaines rue de l'East End, voyait chacune de ses baies occultées par d'épais tissus.
Accueillis par la mère de Shipley, la première chose  qui frappa les investigateurs fût de constater l'amour flagrant et l'immense fierté que cette dernière avait de son fils.

Le déséquilibre de la façade révèle la nature malsaine de ce quartier 
(cliché pris par Lisa Mary Jane Evans avant de rendre visite à l'artiste Miles Shipley)

Elle fût ravie de voir des visiteurs (et accessoirement de potentiels acheteurs) et conduisit aussitôt le petit groupe dans l'atelier de l'artiste.
L'attention de Lisa fût tout de suite captée par une série de toiles entassées contre l'un des murs de la chambre.
L'une présentait la vision d'une montagne depuis laquelle s'élevait une colonne rouge, où on distinguait un temple avec des orants. Ce paysage lui évoqua aussitôt une note d'Elias dans son journal mentionnant une « montagne aux vents noirs » !  Un second tableau reproduisait à l'identique les étendues glacées que Lisa parcourait dans ses rêves depuis quelques nuits.

Cliniquement, ce garçon présentait de nombreux symptômes de névroses et autres troubles du comportement. Cloîtré dans l'obscurité de son atelier, il ne prêta quasiment aucune attention à notre présence. Très amaigri, j'ai tout de suite compris que ses troubles psychologiques l'affectaient depuis longtemps. 
Alors que notre intérêt évident pour ses œuvres le détourna de son ouvrage en cours, le jeune Shipley entrepris de nous présenter une pièce qui de toute évidence faisait sa fierté. Remisée dans l'unique placard de la chambre, elle était dissimulée sous un drap.
Quand il ôta le voile, le tableau qu'il nous présenta figurait un sombre marécage au centre duquel on distinguait un autel en pierre et de nombreux serpents.
L'ambiance un peu exceptionnelle, la fatigue de notre enquête et l'usure me donnèrent un instant le sentiment d'entendre le clapotis de l'eau alors que l'autel se faisait de plus en plus réaliste. Réalisant que les éléments mystiques qui entourent l'affaire sur laquelle nous sommes commençaient à avoir trop de prise sur moi, il me parût évident qu'il me suffirait de confronter mes sens à la réalité du tableau pour mettre fin à ce début d’hallucination.
Comment dire... une fois encore notre espèce se fourvoie !! Je sais ce que j'ai vu lorsque ma main à traversé le tableau vers cette dimension autre, je sais combien la morsure du froid m'a glacée alors que je retirais ma main de ce qui de toute évidence ne pouvait être !!! Ce fou avait par je ne sais quel moyen réussi à établir un pont entre notre monde et un autre !!!!

Les bruits de l'eau captivaient Lisa et O'Brian quand ces derniers virent avec effroi Angela passer sa main a travers le tableau. Bien qu'elle la retira aussitôt, nul n'aurait pu douter du geste qu'elle venait d'accomplir devant eux.
L'instinct de survie prenant le dessus sur la perplexité, ils virent alors que la mère de Shipley ne se trouvait plus dans la pièce, mais qu'à sa place se trouvait un énorme lézard. Dès qu'il croisa leurs regards, le lézard se faufila en direction du tableau.
Se glissant devant Angela, il provoqua une sorte d'électro-choc qui sortit la jeune femme de son hébétement. Elle eut tout juste le temps de le saisir alors qu'O'Brien réussissait à le blesser.
Prise de panique, le docteur Hopper saisit son scalpel et lacera la toile jusqu'à ce qu'il n 'en reste plus rien.

Le calme revenu, le jeune Shipley fût neutralisé à l'aide d'un puissant sédatif.
Un examen des lieux montra de vieilles seringues pleines d'un liquide verdâtre nauséabond mais étrangement attractif...
Une fois dans la cave, un passage habilement dissimulé donna accès à une pièce des plus étranges.
A l'intérieur, des étagères étaient pleines à craquer d'étranges fioles, sur les murs des symboles étaient peints dont certains ressemblaient sans aucun doute possible à ceux des écrits pnacotiques.
Des livres étaient entassés en plusieurs piles, leurs couvertures ne pouvant se rattacher à rien de reptilien ou d'humain. A l'intérieur, une écriture inconnue sur terre augmentait le malaise régnant.

Nous avons laissé le jeune Shipley dans le jardin. Lisa prenant soin de refermer sa main sur le message que nous avions faussement rédigé au nom de sa mère et dans lequel cette dernière lui faisait ses adieux. Alors que le feu allumé par O'Brian prenait de l'ampleur, nous prenions la fuite en priant pour que les flammes ne préservent rien de cette demeure du chaos !

[Fin de la partie le 12/02/1925]

vendredi 21 mars 2014

Les Masques de Nyarlathothep - les notes d'Angela Hopper - partie 3

Voici le compte-rendu de la 4° séance de la campagne des Masques de Nyarlathotep, rédigée cette fois-ci par la joueuse d'Angela Hopper (les commentaires et pensées du docteur Hopper sont en italique) : la fin de l'épisode New-Yorkais avant le départ pour Londres.

[Direction Arkham, train de nuit New-York - Boston, correspondance pour Arkham au matin du mardi 27 janvier 1925]

Les gens dorment-ils en ce moment ? Certains cherchent-ils dans la nuit paisible l'étoile qui les guide et les protège ? J'ai beau regarder je ne vois rien, rien mis à part le fantôme de Freeman et l'ombre de la Mort qui rôdent autour de nous.

[Arkham]

Arrivée dans la ville d'Arkham, Angela Hopper s'empressa de retrouver Lisa (et Barny Black, son body-Gard) à la pension de Miss Sweet. Les relations étant bonnes avec Myriam Atwhight, l'accès aux documents qui les intéressaient fût aisé. Ainsi Lisa et Angela se mirent rapidement à l'étude du Livre d'Yvon, des Ecrits PnacotiquesLa bibliothécaire leur apprit aussi que le docteur Armitage, un anthropologue qui travaille sur les premières populations du Massachusetts) avait demandé l'accès au livre Le peuple du monolithe mais que ce dernier avait disparu.

The Special Collections - Miskatonic University

Pour Angela, revenir dans la bibliothèque où elle avait passé tant de temps durant ses études avait quelque chose de galvanisant. Grâce à son ancien mentor, le professeur Wilman, les deux jeunes femmes purent même faire des photographies des livres.


Ouvrage : Les écrits Pnacotiques
Langue : anglais tardif
Date : fin du Moyen Âge
Ouvrage sur nations perdues d'hyrperborée. Parle de Jupiter et du continent engloutie « R'lye ».
L'auteur présente ces textes comme la traduction de parchemins grecs incomplets connus sous le nom PNACOTIKA. Ils seraient à l'origine des Tesserae.

[New-York]

O'Brien quant à lui avait pris l'importante décision de démissionner de la police de New-York pour rentrer au service de l'agence de détectives Pinkerton. Une habile négociation lui permet de poursuivre ses investigations pour le compte de Lisa.
Alors que les forces de police avaient rapidement balayé le meurtre d'Elias au rang des affaires classées, la persévérance d'O'Brien ancra encore plus solidement la soif de justice de l'équipe !

Grâce à son bagou il obtint une entrevue avec Miss Carlyle. Toujours accompagnée de Joe Corey et de Bradley Grey, cette dernière mit rapidement fin à la conversation. De toute évidence, la peur que les petits secrets de cette importante famille fassent la une des journaux l'emportait sur l'importance de leur aide pour résoudre un meurtre...
Par la suite, de rapides recherches montrèrent en effet que la presse mondaine faisait régulièrement son beurre grâce aux frasques de Roger. On lui prêtait entre autre une relation avec Hypatia Master !

[Arkham]

Les écrits que j'étudie semblent expliquer un sort pour contacter les « êtres ailés ».Semblent être des entités extra-terrestres.

Perdue dans la lecture de son ouvrage, Angela était-elle en mesure de constater ses longues absences intellectuelles durant lesquelles elle noircissait encore et encore les mêmes symboles étranges, qui ressemblaient à s'y méprendre à du grec ? Se rendait-elle compte qu'au plus profond de la nuit elle avait profondément gravé l'un de ces symboles sur le montant boisé de son lit...

Nous avons été prises en filature en sortant de la bibliothèque !!! Ils sont partout ! Bien sûr ils n'ont pas poussé la bêtise en nous suivant lorsque nous avons pris la fuite mais nous savons qu'ils nous traquent !!!

Les éléments en possession du groupe sont maigres. Il leur faut rencontrer les membres de la fondation Penhew à Londres pour les éclairer sur les motivations de l'expédition Carlyle.  


[Fin de la partie le 29/01/1925]

lundi 11 novembre 2013

Les Masques de Nyarlathothep - les notes d'Angela Hopper - partie 2

Ma très chère Anna,

C'est le cœur lourd que je t'écris, cette missive est porteuse de bien tristes nouvelles. Notre cousin... ce cher Mickael... je suis désolée Anna... Tout est de ma faute...
Nous avons cru pouvoir jouer aux justiciers et punir les monstres qui ont assassiné Elias. Nos recherches avançaient si vite, je regrette maintenant notre manque de prudence...
Mais je dois d'abord t'expliquer comment tout a dérapé. Une conversation téléphonique avec Kensington nous permit d'éclaircir quelques détails sur lesquels nous butions. Nous savons désormais que le Scoop est un organe de presse anglaise, où travaille un certain M. Mahoney.
Quand à J. Barrington, il s'agit d'un inspecteur de Scotland Yard. Si on ajoute  la fondation Penhew au 25 Tottenham Court Road à Londres, tout semble nous conduire chez nos voisins anglais !

Le mauvais temps du mardi 20 ne nous empêcha pas d'aller interroger Emerson, directement à ses entrepôts. Bien entendu, Mickael y alla seul et fit valoir son statut d'inspecteur pour obtenir des réponses. Bien qu'il ne soit pas officiellement chargé de l'enquête, le stratagème fonctionna à merveille. Emerson lui révéla qu'il avait vu Elias la semaine dernière. Notre ami faisait le tour des importateurs en relation avec Mombasa. On apprit qu'un certain Ahja Singh lui servait de contact sur l'autre continent, Emerson servant d'intermédiaire entre Elias et Silas de la boutique Ju-Ju. Il nous signala par ailleurs qu'Elias fut plus qu'enthousiaste quand on lui parla de cette boutique.
Emerson lui remit enfin une liste de marchandises qu'Elias avait lui-même consultée. Elle indique les échanges entre la boutique Ju-Ju et Mombasa.

Une nouvelle visite chez Silas nous confirma son partenariat avec Ahja. Malgré tout il nia avoir jamais rencontré Elias. Il nous précisa qu'il n'avait pas eu à faire de commande spécifique et nous éclaira sur les marchandises qui avaient retenu notre attention dans le document d'Emerson :
- la marchandise détruite était un masque très rare, de la tribu des Solongh. Il nous montra une photo (un long masque en bas, avec d'étranges dents, très longues et beaucoup plus schématiques que celles des masques que j'avais pu observer chez lui) ;
- la marchandise dérobée était une statuette de guerrier très commune ;
- la marchandise qui pouvait geler était un masque très fragile. Il l'a vendue à un collectionneur allemand nommé W.J. Gerhadt.

Miss Post a repris contact avec Lisa. Elle nous offrit enfin l'opportunité de rencontrer Miss Carlyle lors d'un vernissage, vendredi prochain. Une chance sur laquelle nous ne comptions plus trop. Auparavant, nous avions rendez-vous à Arkham avec le professeur Cowle.

Nous avons donc pris le train pour cette ville universitaire et rendre visite à l’éminent professeur, Anthony Dimsdale Cowle, titulaire de la chaire de Lockley d'ésotérisme polynésien. Il nous parla plus en détail du culte de la Chauve-Souris des Sables, élément peut-être crucial pour notre enquête. Il nous conta ainsi la légende selon laquelle la Chauve-Souris des Sables (ou Père de toutes les Chauve-Souris) se serait opposé au Serpent Arc-en-Ciel et comment celui-ci enferma Le Père de toutes les Chauve-Souris dans des profondeurs aqueuses. Il nous parla aussi des Ecrits de Ponape, un ouvrage concernant un mystérieux Cthulhu, en précisant que l'exemplaire serait maintenant entre les mains d'un dénommé John Scott de Boston.
Ce sujet semble passionner Cowle. Son rêve serait de monter une expédition à la recherche d'un lieu où des géants se rassemblaient dans l'ouest de l’Australie. Ils y auraient fondé une vaste cité. Après sa destruction, cette cité aurait ouvert la voie au Père de toutes les Chauve-Souris.

Cowle nous montra aussi le journal d'Arthur MacWhirr, de Port Headland. Il mena une expédition dans le désert australien où il découvrit d'étranges monolithes. Chose étrange, son expédition fut victime d'une attaque ; les membres présentaient de nombreuses piqûres... or les adeptes du culte de la Chauve-Souris des Sables sont réputés pour se munir de gourdins sur lesquels ils fixent des dents de chauve-souris !

Nous sommes rentrés à Manhattan le jeudi 22 pour rendre un dernier hommage à Elias. Une si pauvre cérémonie, dans un petit cimetière du Lower East Side, réunissant une vieille tante éloignée, une bande de flics en planque, Lisa, Mickael et moi-même. L'absence de Kensington aux funérailles nous alerta immédiatement!

Après les funérailles, nous gagnâmes le domicile de Kensington. Il ne s'y trouvait pas mais un clochard nous confirma qu'il avait été pris à parti la veille par trois hommes noirs. Ces idiots de la police, malgré l'évidente gravité de la situation, ne voulurent entreprendre quoi que ce soit pour chercher le directeur de Prospero Press !

Alors que la situation semblait aller de mal en pis l'un de nous fut encore victime d'une agression. Alors qu'elle sortait de la galerie de Miss Post, cette chère Lisa ne dut son salut qu'à son incroyable vigueur et à la présence opportune d'un couteau suisse dans sa poche! Malgré tout, son agresseur réussi à prendre la fuite.
Une fois encore l'évidence sautait aux yeux et malgré tout nous avons continué ! Notre obstination me semble désormais tellement stupide au regard des risques encourus!!! Je t'avoue que depuis, mon scalpel ne quitte plus ma poche et nous savons que nous sommes suivis en toutes circonstances.

Vint enfin le vendredi du vernissage. Oh mon Dieu... cet Otto Dix devrait prendre rendez-vous avec moi dans les plus brefs délais. Même avec le temps, je ne suis pas certaine qu'aucun de mes confrères ou moi-même ne puissions faire quelque chose pour cet artiste torturé ! Jamais la contemplation de tableaux ne m'avait jamais mise aussi mal à l'aise et je dois t'avouer et que je dû réprimer un instant l'envie de quitter au plus vite ce lieu chargé de folie et de monstruosité !

A cette occasion, Miss Post nous présenta son associé, Wilfried. Cet américain, d'origine allemande, est à l'origine de l'exposition. Aucun d'eux ne connaissait le nom de Miles Shipley, l’artiste cité par Jackson Elias sur son carnet. Puis nous pûmes enfin converser avec Erica Carlyle... sous l'œil attentif de son conseiller, Bradley Grey.
Pour elle, l’origine du mécénat de son frère est à attribuer à l'influence d'une jeune femme noire et ce, dès 1918. Selon Erica, son frère se consumait d'une passion dévorante à l'égard de cette femme.
Il lui avait présentée comme étant une prêtresse en possession de secrets qu'il se devait de découvrir.

Nous primes rendez-vous pour le lendemain. Nous nous sommes rendus à sa demeure, le samedi 24 au matin, où, après une longue discussion durant laquelle nous gagnâmes la confiance d’Erica, elle nous laissa accéder aux livres de son frère :
-Le peuple du monolithe. Un recueil de poèmes tiré en seulement 20 exemplaires avec une couverture très étrange.
- Un manuscrit, probablement daté du 14 ou 15ème siècle, en français, probablement intitulé le Livre d’Yvon.
- Un journal très épais rédigé par un certain Mongomery Krompton. Il y relate un séjour en Egypte au début du XXeme siècle. Notons que la couverture est en peau humaine...
- Enfin le dernier livre, en vieil anglais s'intitule les Manuscrits Pnakotiques.

Je me plongeais dans le journal et la première chose qui me sauta aux yeux fut l'état mental évidemment très dérangé de l'auteur. Il s'agissait de notes de voyages. En, 1804 l'auteur parcourait l'Europe avant de se rendre en Egypte en 1805. Son voyage était motivé par le fait qu'il devait accéder à une prêtrise à priori peu orthodoxe. Il évoque dans son journal un lieu étrange ainsi qu'un Dieu, mais il me faudra plus de temps pour comprendre tout ça correctement.

Lisa, quant à elle se concentra sur les poèmes. Ils étaient, selon elle, très angoissants, ce qui au final ne m'étonne guère. Là encore, on évoquait des monstruosités.
Complétement remis de sa blessure, Mickael finit par reprendre son quotidien au sein de la Police, mais je suis convaincue qu'au fond, il ne fit jamais de pause dans l'enquête que nous menions.


Alors que nous aurions dû chacun rentrer chez nous et prendre une bonne nuit de repos, je me rendais bêtement chez Mickael. J'aurais dû le convaincre de repousser cette visite chez Ju-Ju. Trop souriant, trop sympathique, trop cultivé … Je me méfiais de lui depuis longtemps ! Alors que Mickael lui posait des questions, je n’ai pu supporter plus longtemps l'attitude désinvolte de ce menteur. Sans concertation avec notre cousin, je le provoquais ouvertement allant même jusqu'à proférer des menaces de mort !  Pour qui me suis-je prise ? Je me demande encore pourquoi j’ai agis ainsi alors que par mon imprudence je signais l'arrêt de mort de Mickael ! Tout se passa très vite ! Immédiatement, Silas sortit un grand poignard caché sous son comptoir. La lutte fut rude et je ne sais comment, alors que je retirais mon scalpel de la carotide de ce menteur, un bruit des plus atroces attira mon attention dans mon dos : comme des os qu'on brise... Mikael gisait inerte sur le sol, du sang se répandait sous sa tête... un grand noir me décolla du sol. J'aurais voulu le massacrer et courir auprès de mon cousin mais je ne pouvais rien faire.
Ensuite je me souviens d'un rêve : un désert, un fleuve, un grand fleuve même, des habitations cubiques en terre, des marécages, des rizières... et des tentacules ! D'affreuses tentacules qui voulaient m'avaler !!!

Quand je repris conscience, bien plus tard à l'hôpital, l’officier de police Gallagher m'annonça que Mickael n'était plus. Je suis tellement, tellement malheureuse. Je voudrais rentrer à la maison et quitter cette ville de fous, m'éloigner le plus possible de tout ce qui concerne de près ou de loin cette affreuse affaire. Je le voudrais mais je ne peux pas. Mickael ne me laissera pas faire ! Il aura fallu le pire pour que je comprenne Anna. Cela semble fou mais il est là, son esprit est là furieux ! Il réclame vengeance et il ne trouvera pas le repos tant que ses assassins ne seront pas punis ! Je le sais, il m'obligera à faire ce que, par ma faute, il n'a plus les moyens de faire.... Il m'en veut Anna...

Je partirai bientôt pour l'Angleterre. En quelques jours ma vie a basculé. Je t'en conjure, ne cherche pas à me rejoindre et brûle mes lettres. Je te donnerai des nouvelles, au nom de l'amour que tu me portes, mais par pitié, ne garde rien qui puisse te lier à ces sombres événements !!!

Angela

PS : je joins une copie du rapport de l'inspecteur O'Brien, l'ancien coéquipier de Mickael, qui m'a libéré et avec qui je suis en contact. De même j'ai pris quelques notes sur les dossiers d'un confrère, je te le confie. 

NYPD- Rapport de l'inspecteur O'Brian :
Le dimanche 25 janvier à l'ouverture de nos bureaux Miss Lisa Jane Evans vint nous faire part de ses craintes au sujet d'une certaine Miss Angela Hopper et de l'inspecteur Mickael Freeman dont elle n'avait plus de nouvelles depuis la veille. En temps normal, la police n'aurait pas dépassé le stade de la simple déposition mais il se trouve que l'inspecteur Freeman, qui était mon coéquipier depuis deux années, m'avait déjà inquiété à son retour de congé maladie.
Il me raconta qu'il suivait la trace d'un étrange groupuscule qui, selon lui, était responsable du décès de Mr Jackson Elias (CF. affaire n°12258 FG 45).
Avec l'accord du lieutenant Pool, l'agent Gallagher et moi mettions en place une expédition pour éclaircir les choses et montrer, le cas échéant, ce qu'il en coûte de s'en prendre à un membre de la police.
Nous arrivâmes à la boutique JuJu, au 1, Ramson Court à Harlem, en suivant les indications de Miss Lisa Jane Evans.
La porte était fermée, nous l’avons ouverte de force. Des traces ténues sur le sol prouvaient qu'une altercation avait bien eu lieu. De brèves recherches nous permirent de mettre la main sur une trappe derrière le comptoir.
Suivant un couloir empli de symboles étranges, nous arrivâmes à une porte solidement fermée.
A deux, il nous fallut plus d'une dizaine de minutes pour l'ouvrir et pour pénétrer dans une salle obscure. Des tambours occupaient les trois murs de la salle. Une dalle circulaire et un étrange système de poulies retenaient mon attention quand Gallagher et Lisa allèrent voir ce qui se trouvait derrière un épais rideau rouge qui obstruait le fond de la salle.
A titre informatif, je, soussigné inspecteur O'Brian, assure n'avoir jamais consommé de stupéfiant ni n'avoir bu dans l'exercice de mes fonctions.
Aussi étrange que cela puisse paraître, des êtres, quatre, que tout désignait comme cliniquement en état de décomposition avancée se jetèrent sur nous depuis la pièce cachée par le rideau. Nous dûmes faire usage de nos armes et redoubler d'acharnement pour les neutraliser.
Miss Evans nous affirma que l'un de ces être était le dénommé Kensington, porté disparu depuis le jeudi 22 janvier (cf. affaire n° 12278 FG 13).
Dans la pièce arrière, en plus d'un être quasi-momifié, nous trouvâmes le corps mort de l'inspecteur Mickael Freeman. Les causes du décès sont, selon mes observations, à imputer à un violent coup dans la maxillaire inférieure. Alors que les lois de notre Seigneur l'interdisent, l'inspecteur Freeman se réanima à son tour et nous fument obliger de le neutraliser lui aussi.

L'armoire de la pièce contenait les pièces suivantes :
- une grande robe (pièce à conviction 1)
- une paire de gants avec de longues griffes (pièce à conviction 2)
- un masque en bois (pièce à conviction 3)
- un sceptre (pièce à conviction 4)
- une sorte de serre tête épais en métal (pièce à conviction 5)
- une note signé « Le grand prêtre de  la Chauve-Souris des Sables (pièce à conviction 6)
- un livre intitulé « Sectes secrètes d'Afrique » (pièce à conviction 7)

Par la suite, je voulus examiner ce que cachait la dalle. Un cri perçant retentit des profondeurs abritées par cette dalle mais l'irruption de trois individus me contraint à laisser tomber la plaque, condamnant ce qu'elle enfermait.

L'altercation qui s'en suivit avec les trois individus est relatée dans le rapport n° 122796 LP 02, compte-rendu enregistré au retour de l'expédition par le Lt Martin Pool. L'un d'eux portait le corps inanimé, mais en vie, d'Angela Hopper. Il a pu être contrôlé et arrêté. Les deux autres combattants ont été tué au cours de l’altercation. Elle fut conduite à l'hôpital dans les plus brefs délais.
L'arrivée de l'équipe de renforts se solda par un incendie qui ravagea définitivement la boutique
Ju-Ju.

A son réveil, Miss Angela Hopper insista pour concourir à l'enquête. Je la conduisis au bureau des affaires médicales où un mandat lui permit d'accéder aux dossiers du Docteur Huston.
Nous pûmes interroger le seul homme arrêté à la boutique Ju-Ju : un certain Kilima. Notons que sa langue avait été en partie tranchée.
Un traducteur Kenyan nous assista, mais nous n'obtînmes aucune information avant l'intervention du docteur Hopper. Par l'hypnose, Kilima nous dit que les Askari (policiers) étaient dangereux selon lui.
Il déclara qu'une bête nommée Chacota attendait une offrande dans le puits de la boutique Ju-Ju.
Il nous dit aussi qu'il y a plusieurs Grand Prêtres et qu'ils forment une « force ». Il parla aussi de Kuyu, ce qui semble être un lieu.

Selon le docteur Hopper, l'individu avant l'hypnose n'était pas en pleine possession de ses moyens.

Notes prises sur les dossiers du Dr Huston
Praticien : Angela Hopper

Les notes de mon confrère le Dr Huston sur Erica Carlyle relatent des consultations anodines.
La jeune femme se préoccupait de ses relations avec son frère et il apparaît, à travers les compte-rendus, qu'elle dispose d'une remarquable capacité d'adaptation.

Les notes au sujet de Roger Carlyle (une vingtaine d'entretiens en moins d'un an) mettent en avant les tarifs exagérés de mon confère qui ont sûrement abouti à un chantage de patient sur le docteur (ce qui explique sa présence au sein de l'expédition Carlyle).
La prêtresse dont parle la sœur de Roger est nommée « M'Weru » dans ses notes.

[Fin de la partie le 26/01/1925]



jeudi 17 octobre 2013

Les Masques de Nyarlathothep - les notes d'Angela Hopper - partie 1

Chère Anna,

Je sais que tu m’en veux de n’être venue à l’anniversaire de la petite Alice mais ces derniers jours furent si intenses, une fois que je t’aurai expliqué les raisons de mon absence, je sais que tu me pardonneras.

Je me préparais à faire le voyage jusqu’à la maison de famille quand je reçus un télégramme d’Elias. Tu te souviens sûrement de lui, je t’ai parlé à maintes reprises de son incroyable intelligence, que gâche cependant un certain attrait pour les choses mystiques. Il se trouve que ce télégramme m’inquiéta grandement par son contenu, inquiétude d’autant plus vive qu’Elias n’avait pris contact avec moi depuis de nombreuses années. Cher Elias … il nous a quitté dans des circonstances des plus affreuses, et je dois tirer les choses au clair !
Il semblerait que tout soit lié à la tragique expédition Carlyle, dont la presse a fait les échos. Tu as dû lire dans les journaux son issue fatale qui a conduit à la mystérieuse disparition de ses membres.
Le temps presse, je voudrais être plus précise mais je dois faire vite car j'ai encore beaucoup de choses à faire.
Je t'envoie ces quelques pages de mon journal afin que tu comprennes.
Surtout ne t'inquiète pas, notre cousin Mickael ainsi qu'une jeune demoiselle m'accompagnent. Ne fais rien pour me rejoindre tant que je ne te le demande pas.

Je t'embrasse, ta sœur Angela qui t'aime.

[Extrait du journal]
Jeudi 15/01/1925

Elias, par un bref appel m'a donné rendez-vous à l’Hôtel Chelsea à 20H… en précisant, chose étrange, que la discrétion serait de mise. Compte tenu du caractère inhabituel de sa requête, j'ai demandé à mon cousin Mickael de m’accompagner. Une fois sur place, le hasard nous fit rencontrer Melle Lisa, elle aussi venu voir Elias.
Alors que nous nous rendions à la chambre de ce dernier, des bruits, que dis-je des heurts, provenant de la chambre même d’Elias nous alarmèrent! Tout alla si vite que je ne puis jurer que mon récit sera fidèle à la réalité.
Alors que Lisa et moi enfoncions la porte de la chambre, un sauvage vêtu d’un pagne et d’un turban se jeta sur nous, un long poignard en main!!  Je ne peux encore m’expliquer où cette demoiselle trouva le courage de foncer tête baissée à l’intérieur avec Mickael. Pour ma part, prise de panique, je ne pus qu’appeler à l’aide.
J’ai l’impression qu’il se passa une éternité sans que personne ne vienne, quand des coups de feu retentirent!!!
Je ne sais exactement combien d’hommes étaient à l’intérieur mais je suis sûre que mon cousin en pris au moins deux en chasse. Malheureusement, cette course poursuite n’aboutit à rien sinon au décès d’un des agresseurs. Le plus malheureux fut cependant l’état dans lequel on trouva ce pauvre Elias. Il gisait ensanglanté sur le lit et portait un signe étrange scarifié sur le front. Mon dieu... ces monstres...  que lui ont-il fait ! Il était … plus que meurtri dans sa chaire, au-delà de l’imaginable. Je prie pour qu’il n’ait pas souffert quand ces fous s’en prenaient à lui mais je ne me fais guère d’illusions…
Une fois le choc encaissé, je fus alertée par l’état dans lequel la chambre se trouvait. Si les assassins d’Elias cherchaient quelque chose, il restait une chance que nous les ayons dérangés trop tôt. Mon instinct ne m’avait pas trompée ; et c’est bouleversée que je trouvais la sacoche d’Elias sous son lit.
Inquiétée par l’absence de Lisa et de Mickael je les retrouvais dans la cour, mon cousin était sévèrement blessé à l’épaule. Il nous narra son combat pour arrêter les agresseurs, trois selon lui. En pleine nuit, dans la neige. Il raconta comment ce sauvage lui assena un coup dans le dos et comment une voiture noire permit aux deux autres malfaiteurs de prendre la fuite! Malgré sa volonté d'interpeller l'agresseur indemne, il fut contraint de le neutraliser par la force, et le sauvage ne survécut pas au coup assené.
Le temps que la police arrive, nous apprenions à la réception qu’Elias avait réservé cette chambre le matin même. Le contenu de sa mallette fut riche en informations mais l’agent chargé de l'affaire, le lieutenant Martin Poole, nous la confisqua aussitôt. Bien qu’il soit le supérieur de Mickael il se montra des plus agressifs et nous convoqua au plus tôt pour obtenir nos dépositions.

Vendredi 16/01/1925

Comme convenu, nous nous rendîmes chez Lisa à 11h pour faire le point sur les récents événements.

De fil en aiguille, nous nous décidâmes à ne pas laisser l'affaire aux seules mains des incompétents censés représenter l'ordre (n'en déplaise à mon cousin).

Beaucoup de pistes s'offrirent à nous :
- Pourquoi  la carte de visite d'Edward Gavigan se trouvait-elle dans la sacoche ? Il est le directeur de la fondation Penhew certes, mais était-il au courant des affaires récentes d'Elias ?
- Nous avons trouvé des lettres. Une envoyée du Caire (datant de janvier 1919) par un certain Faraj Najir à propos d'une éventuelle vente d'objet. Une autre lettre, envoyée par Miriam Artwhight, à l'agence Prospero Press pour informer Elias que la bibliothèque de l'Université Miskatonic, à Arkham, n'avait pas le livre qu'il recherchait.
- Un paquet d'allumettes « Au tigre trébuchant, 10 lantern street, Fête et amité à Shanghai ».
- La photographie d'un port.
- Une affiche pour une conférence sur l'ésotérisme donnée par le professeur A. Cowle.
- Nous avons trouvé une note d'Emerson Import avec le nom de Silas N'Kwane. Notre première décision fut d' interroger  par téléphone Mr Emerson à propos d'un éventuel colis envoyé par ce Silas. Il nous apprit qu'il  avait rencontré notre ami Elias mais qu'il n'avait jamais traité avec lui.

Mickael a rencontré ce matin son supérieur. Il lui a fait part des similitudes troublant entre le meurtre d'Elias et les meurtres attribués à Scaryface que les journaux relatent. et a obtenu deux jours de repos. Il nous a rejoint et a contacté par téléphone la bibliothèque de l'Université Miskatonic. Miriam Artwright l'informa qu'Elias était à la recherche d'un ouvrage « Les sectes secrètes d'Afrique ». Ce livre semble avoir disparu de la bibliothèque d'Arkham durant l'été 1924. L'auteur, inconnu, serait un prêtre espagnol. Fait surprenant, les témoins parlaient d'une odeur immonde le jour de la disparition.

Samedi 17/01/1925

Avec le temps, la blessure de mon cousin ne s'améliora pas, au point que ce dernier fit un malaise alors que nous déjeunions. Il semblerait que l'arme qui l'a blessé était enduite d'un poison rudimentaire...
J'ai fait une entorse au règlement pour contacter une patiente, Adélaïde Summer, afin de lui exposer notre problème. Adélaide, qui a été missionnaire pendant une longue période, nous mit en contact avec Soeur Loretta, infirmière dans une congrégation religieuse installée dans Manhattan. Face à la recrudescence des crises de Mickael, nous prîmes contact avec cette religieuse qui, apprit-on, a officié au Kenya. De fait, elle connaissait parfaitement le « pranga », l'arme qui blessa Michael. Elle lui administra un soin pour ralentir le poison sans pouvoir pour autant l'endiguer...
Soeur Loretta avait déjà vu le fameux signe sur lequel nous cherchons des informations. Elle nous parla du culte de la langue sanglante. Cette secte prendrait ses origines en Egypte ancienne. Le signe en question serait une rune issue de ce culte, chassé d'Egypte au temps des Pharaons, et qui aurait remonté le Nil pour s'installer au Kenya.

Pendant ce temps,  Lisa fit une visite chez Miss Post, une amie proche des Carlyle. C'est une chance d'avoir avec nous une jeune dame de son rang, je crois que sans elle nous n'aurions jamais eu la chance de pénétrer dans ce cercle fermé qu'est celui de la bourgeoisie. Miss Post nous apprit que son amie Erica (qui ne semblait pas s'entendre avec son frère) est convaincue que Roger n'était pas lui même avant son départ.

Il est tard mais je vais me mettre en route pour prendre mes appartements chez mon cousin. Bien que lui et moi ne soyons pas très proche, je suis inquiète quant à l'évolution de son état.

Lundi 19/01/1925

Que de choses se sont passées en deux jours à peine.
Après une visite très tôt au commissariat, nous avons obtenu grâce à Mickael la liste des professions et des lieux de résidence des victimes de Scaryface. Nous avons ainsi pu faire une liste plus ou moins précise des meurtres et des lieux de crime. Nous l'avons aussi mise en relation avec les événements de la tragédie Carlyle sans pouvoir faire de liens probants pour le moment.

En dépouillant les journaux, on trouva notamment un article du 16 janvier 1925 sur la conférence de Cowles.

Une visite à la boutique Ju-Ju nous a permis de mettre au clair certains faits. Le propriétaire, monsieur N'Kwane, est originaire de Mombasa. Homme aimable, il possède une impressionnante collection d'objets africains. Nous fûmes cependant surpris par sa réaction quand nous abordâmes la question de la marque sur le visage d'Elias. Ne voulant pas être mêlé à Scaryface, il nous demanda de quitter sa boutique.

En fin de matinée, Kensington, le patron de l'agence Prospero Press a accepté de nous recevoir. Pour lui, Elias était persuadé que l'expédition Carlyle a été décimée par un culte et que tous les autres membres ne sont pas morts.
Il nous montra un courrier d'Elias datant de l'été 1924  à ce propos.
Elias écrivit ensuite plusieurs fois pour demander des avances de frais, depuis Nairobi le 08 aout 1924 notamment. Nous savons qu'il expédia des télégrammes depuis l'Afrique et la Chine. Dans un de ces documents, il dit qu'il avait assisté à l'inimaginable...

Un passage rapide à l'agence le 15 janvier lui permit de remettre à Kensington son carnet.

Déplacements d'Elias :
peu avant le 25/06/1924 il quitte NY pour Nairobi
25/07/1924 arrivée à Nairobi
08/08/1924 il écrit à Kensington
16/08/1924 il quitte le Kenya pour la Chine
17/09/1924 il envoie un télégramme à Kensington pour une avance
13/11/1924 il part du Caire pour rejoindre Londres
16/12/1924 il envoie une autre demande d'argent
17/12/1924 il se dirige vers NY
13 ou 14/01/1925 il arrive à NY

Parmi les documents que Kensington nous fournit, une note envoyée dans la matinée du 19 janvier, rédigée par Emerson, informe Elias qu'il a des informations pour lui. Il semble qu'une visite à ce monsieur serait des plus intéressantes...


Le carnet d'Elias

«Bien des noms, bien des choses pour la même chose et le même tout! Besoin d'aide!»

Dans ce carnet, les notes sont désordonnées, parfois illisibles.
Elias évoque des rêves effroyables, qu'il compare à ceux de Carlyle. Il pense consulter les dossiers du psychanalyste de ce dernier.
Nous trouvons quelques noms jetés sur les pages :
- James B...ington à Scotland Yard.
- ...bl.. de Miles Shipley
-Edward Gavigan
-Mickey Mahoney au Scoop

Sans compter les divagations sur l'origine accidentelle des Hommes et sur une protection apportée par l'Océan, on trouve d'étranges allusions imprécises, comme :
« Ils vont ouvrir le portail »

Enfin, chose importante, des livres devraient se trouver dans le coffre de Carlyle

Les liasses de documents nous donnent d'autres éléments :

- Aucune trace de vie n'a été détectée sur les lieux du massacre, aussi bien animale que végétale. Ce fait est mis en lien avec la malédiction du vent noir.
- Une interview de Johnstone Kenyatta évoque le culte de la langue sanglante. La
prêtresse de ce culte serait dans les montagnes et ne serait pas originaire d'Afrique . Elle est, semble t-il, détestée par les locaux.
On parle de grandes créatures ailées et d'un dieu nommé «Sam mariga, gare».
- L'itinéraire de l'expédition Carlyle semble être un fait important et notamment le détour par le Kenya.
- Le Lt Mark Selkirk parle d'un massacre que même des bêtes n'auraient pas fait.
Seuls les porteurs noirs sont morts et les blancs ont été épargnés. Sans compter que pour lui l'accusation et le procès ayant fait suite au massacre n'étaient qu'une mascarade.
-Au Victoria's Bar à Nairobi, un mercenaire nommé Nelson aurait croisé Jack Brady à Hong Kong en mars 1923 !

Nous devons absolument rencontrer la sœur de Carlyle pour discuter et avoir accès à certains documents. Il serait bon aussi de rendre visite à Emerson et de contacter le professeur Cowle.
Il se fait tard, mes compagnons m'attendent.



[Fin de la partie le 19/01/1925 à midi]